158 immatriculations recensées, des annonces commerciales en avance sur la réalité, et un vocabulaire flottant. Voici ce qui se vérifie objectivement avant de signer.
En bref
Une plateforme agréée est immatriculée par la DGFiP pour trois ans renouvelables et seule habilitée à transmettre vos factures et vos données à l'administration. Une solution compatible, comme un logiciel de caisse ou de facturation, doit obligatoirement s'y raccorder : elle ne peut pas transmettre elle-même.
Les deux statuts sont souvent présentés comme équivalents dans la communication commerciale. Ils ne le sont pas : un seul autorise à transmettre à l'administration.
La DGFiP nomme explicitement le logiciel de caisse comme exemple d'opérateur de dématérialisation : « un opérateur de dématérialisation est un prestataire de services qui offre des solutions informatiques de dématérialisation, par exemple des logiciels de facturation, de caisse, des logiciels comptables, de gestion de stocks, l'archivage ou autres. » L'usage de chacun des deux labels est encadré par une charte publiée par l'administration.
Ce qui distingue une plateforme agréée d'une solution compatible.
Critère
Plateforme agréée
Solution compatible
Immatriculation DGFiP
Oui, 3 ans renouvelables
Aucune
Certification ISO/IEC 27001 et audit annuel
Obligatoire
Non requise
Transmettre à l'administration
Oui
Interdit
Accès direct à l'annuaire
Oui
Non
Raccordement à une plateforme agréée
Sans objet
Obligatoire
Hébergement dans l'Union européenne
Obligatoire
Non imposé par la réforme
02
Vérifier une immatriculation avant de signer
Plusieurs éditeurs annoncent une immatriculation qu'ils n'ont pas obtenue, ou l'annoncent au futur. La seule source qui fait foi est la liste publiée par la DGFiP.
1Ouvrir la liste officielle des plateformes agréées sur impots.gouv.fr et y chercher la raison sociale exacte du prestataire.
2Distinguer une immatriculation définitive d'une immatriculation sous réserve : les deux figurent sur la liste, avec des implications différentes.
3Demander par écrit le numéro d'immatriculation, et non une simple mention « plateforme agréée » sur une page commerciale.
4Se méfier des jeux de données recopiés : le fichier diffusé sur data.gouv.fr n'est pas produit par la DGFiP et n'est pas tenu à jour.
5Faire préciser par écrit qui porte l'immatriculation et la responsabilité vis-à-vis de la DGFiP, en particulier dans un montage en marque blanche.
03
Le piège du vocabulaire « marque blanche »
L'expression ne recouvre pas la même réalité d'un fournisseur à l'autre. Chez certains, elle désigne le fait que votre prestataire transmet sous son immatriculation en affichant votre marque. Chez d'autres, elle désigne le fait que vous deveniez vous-même plateforme agréée.
L'écart entre les deux lectures est considérable : dans le second cas, vous héritez de la certification ISO/IEC 27001, de l'hébergement dans l'Union européenne, de l'audit annuel et de la responsabilité des sanctions applicables aux plateformes. La seule protection consiste à faire écrire noir sur blanc, dans le contrat, le nom de l'entité immatriculée.
04
Les critères techniques qui comptent
La norme AFNOR XP Z12-013, dans sa version 1.4.0 du 30 juin 2026, définit l'API permettant d'interfacer un système d'information avec une plateforme agréée. Son objectif déclaré est de permettre de changer de plateforme sans refonte technique.
Cette norme est d'application volontaire — le statut XP signifie « expérimentale » — et n'a pas été rendue obligatoire aux plateformes. L'adoption est donc inégale, et c'est précisément ce qui en fait un bon critère de tri.
Conformité effective à la norme XP Z12-013, et pas seulement une mention dans une plaquette.
Sandbox accessible sans signature de contrat, pour tester avant de s'engager.
Spécification OpenAPI versionnée, qui conditionne la maintenabilité de l'intégration.
Gestion des statuts de cycle de vie, dont les quatre statuts obligatoires.
Conditions de réversibilité : le décret du 27 juillet 2026 impose un an de continuité de service et une reprise des données sous cinq jours ouvrés.
Politique d'archivage, qui n'est jamais une obligation d'immatriculation mais toujours une option commerciale.
05
Ce que coûte réellement l'e-reporting d'un commerce
Deux grilles publiques permettent d'estimer un ordre de grandeur. Toutes les plateformes du marché intermédiaire fonctionnent sur devis.
Le point déterminant pour un commerce de détail est la manière dont le rapport journalier d'e-reporting est facturé. Chez au moins un fournisseur ciblant explicitement les éditeurs de points de vente, ce rapport compte comme une unité, quel que soit le nombre de tickets qu'il agrège. À raison d'un dépôt journalier, l'ordre de grandeur reste de quelques euros par an et par point de vente — sans rapport avec un coût à la facture.
Attention en revanche à l'e-invoicing : dès qu'un client professionnel achète au comptoir, chaque opération produit une facture structurée, facturée à l'unité. Le volume dépend alors de la part de clientèle professionnelle, qui varie énormément d'un métier à l'autre.
06
L'archivage reste votre responsabilité
Aucune plateforme agréée n'a d'obligation légale d'archiver pour ses clients. L'archivage ne figure pas dans la liste des obligations d'immatriculation.
Deux règles s'imposent en parallèle. L'article L. 102 C du livre des procédures fiscales impose de conserver les factures dans la forme originale sous laquelle elles ont été transmises : une facture reçue en Factur-X, UBL ou CII doit être conservée dans ce format, pas seulement en PDF de courtoisie ni sous forme d'écriture comptable. L'article 36 de la loi du 25 juin 2026 a par ailleurs porté la durée de conservation de six à dix ans, pour les documents dont le délai expire après le 1er janvier 2027.
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Ce que vous gagnez
Seule une plateforme agréée peut transmettre à l'administration ; une solution compatible doit s'y raccorder.
L'immatriculation se vérifie uniquement sur la liste publiée par impots.gouv.fr.
« Marque blanche » ne veut pas dire la même chose selon les fournisseurs : faites préciser qui porte l'immatriculation.
La conformité à la norme XP Z12-013 et une sandbox ouverte sont les meilleurs critères de tri technique.
Le décret du 27 juillet 2026 impose un an de continuité et une reprise des données sous 5 jours ouvrés.
L'archivage n'est jamais assuré d'office : la responsabilité légale reste celle de l'entreprise.
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Questions fréquentes
Comment vérifier qu'une plateforme est réellement agréée ?+
En la cherchant sur la liste officielle publiée par la DGFiP sur impots.gouv.fr, et en demandant son numéro d'immatriculation par écrit. Les jeux de données recopiés ailleurs, y compris sur data.gouv.fr, ne sont pas produits par l'administration et ne sont pas à jour.
Un logiciel de caisse doit-il devenir plateforme agréée ?+
Ce n'est pas la voie prévue. L'immatriculation suppose une certification ISO/IEC 27001, un hébergement dans l'Union européenne et un audit annuel. La DGFiP cite nommément le logiciel de caisse comme exemple de solution compatible, c'est-à-dire d'outil raccordé à une plateforme agréée.
Peut-on changer de plateforme agréée ?+
Oui. Le décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026 encadre la mobilité : un an de continuité de service et une reprise des données sous cinq jours ouvrés. La norme AFNOR XP Z12-013 vise le même objectif côté technique, mais son application reste volontaire.
La plateforme gère-t-elle l'archivage et la piste d'audit fiable ?+
Pas par défaut. L'archivage est une option commerciale, jamais une obligation d'immatriculation. Quant à la piste d'audit fiable, la transmission par plateforme agréée n'en constitue pas une modalité dispensatoire : les quatre moyens de l'article 289 VII du code général des impôts restent seuls applicables.
Combien coûte l'e-reporting pour un commerce ?+
Pour la partie B2C, très peu : le rapport journalier agrégé compte généralement comme une unité de facturation quel que soit le nombre de tickets, soit un ordre de grandeur de quelques euros par an et par point de vente. Le coût réel dépend surtout du volume de factures B2B émises.
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Sources
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